M2S fait collaborer universités et grandes écoles

Le laboratoire situé dans les locaux de l’ENS apparait dans les 200 premiers du classement de Shanghai de 2016. Une récompense légitime pour ce regroupement de chercheurs, dépendant de plusieurs établissements rennais d’enseignement supérieur et de recherche.

Le labo permet de tester les capacités des sportifs.
  1. La plus grande salle de réalité virtuelle d’Europe
  2. Pour le sport de haut niveau et le médical
  3. Des collaborations internationales

Un gymnase de 30m par 20, c’est le terrain de jeu du laboratoire Mouvement, sport et santé (M2S). Rattaché à l’origine à l’UFR Staps de l’Université Rennes 2, cette unité de recherche s’est spécialisée dans l’analyse du mouvement humain. Elle dispose pour cela du « plus grand gymnase totalement dédié à la recherche en Europe » explique Franck Multon, enseignant-chercheur au M2S. Il est le fruit d’une collaboration entre plusieurs partenaires rennais de l’enseignement supérieur et de la recherche. Au début des années 2000, un rapprochement s’est en effet effectué avec l’ENS de Rennes, ainsi que l’Université Rennes 1. Ces 3 acteurs ont été rejoints ensuite par des équipes de l’Inria et de l’Irisa, jusqu’à former l’équipe-projet commune MimeTIC. Il regroupe aujourd’hui 30 personnes dont 13 permanents.

La plus grande salle de réalité virtuelle d’Europe

M2S s’est spécialisé dans la capture du mouvement grâce à des caméras infrarouges et des marqueurs. Le labo dispose également de plateformes de force, pour mesurer les appuis au sol, et de la plus grande salle de réalité virtuelle d’Europe ! L’immense gymnase se clôture en effet par un écran géant : Immermove, connecté à l’autre plateforme de réalité virtuelle de l’IRISA sur le campus de Beaulieu, Immersia, offrant un espace collaboratif immersif, unique en Europe, dénommé ImmerStar. Cette technologie permet d’amener un opposant virtuel au sportif, pour la pratique du tennis, du handball, du football ou même du rugby. Immersion garantie grâce à son écran de 4m de haut par 12m de large et 4m de profondeur au sol. La vidéo projetée dispose en plus d’une définition 4K avec 60 images par seconde pour chaque œil, en stéréovision. Une performance qui ne serait pas possible avec un casque de réalité virtuelle car « on ne voit pas son corps mais tout au plus un avatar avec de possibles artéfacts » précise le chercheur.

Pour le sport de haut niveau et le médical

Les applications se font d’une part dans le sport. Cet outil « permet de mieux comprendre les interactions entre individus » pour Franck Multon. Comme la réaction d’un gardien face à un tir, ou d’un rugbyman face à l’arrivée d’un attaquant. Des recherches qui ne seraient pas possibles dans le réel car « on ne contrôle pas le tir d’un attaquant », impossible donc de reproduire « 10 fois la même précision ». L’objectif est d’une part « d’améliorer la performance sportive », d’où un partenariat avec certains clubs et fédérations sportives. Mais il y a aussi « un aspect fondamental ». Ces recherches peuvent en effet permettre d’amener de nouvelles approches pour la rééducation de patients présentant des déficiences motrices. La réalité virtuelle peut ainsi être utilisée « pour entraîner et réapprendre des tâches motrices » d’après le chercheur de Rennes 2.

Des collaborations internationales

Ces applications médicales ou sportives favorisent la collaboration entre les établissements. Les uns apportent ainsi des compétences en matière de sport, les autres en médecine ou en réalité virtuelle. A Rennes, des échanges font aussi jour avec le CHU, via le centre de Médecine Physique, pour les applications médicales. Ce regroupement a permis d’obtenir un équipement dédié à l’analyse de la performance motrice « qui a coûté 1 million d’euros », mais aussi d’avoir une forte visibilité à l’international. Le labo est ainsi régulièrement occupé par des chercheurs venant de toute l’Europe, voire des États-Unis. De la collaboration entre professionnels venant de différents domaines et milieux, aussi bien académiques qu’industriels, naissent « des réponses originales pour répondre aux différents défis sociétaux » pour M. Multon. Un mixage des cultures et des compétences qui permet « une autre approche » et qui explique surement la présence dans le classement de Shanghai.